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5ème édition du rapport annuel d’Allianz Global Corporate & Specialty sur la sécurité et le transport maritime

  • Rapport 2017 d’Allianz sur la sécurité maritime : 85 pertes de navires de grande taille dans le monde en 2016, soit une baisse de 50% en 10 ans. Les eaux de la Chine méridionale et de l’Asie du Sud-Est sont les principales zones à risque. La Méditerranée orientale remplace les îles Britanniques comme principale zone d’incident.
  • Les négligences de l’équipage, un entretien inadéquat des navires et la montée des risques cyber sont des facteurs de risque de plus en plus préoccupants, alors que les pressions économiques pèsent sur les budgets.
  • Les nouvelles technologies de navigation et de contrôle pourraient aider à réduire l’impact des erreurs humaines, qui ont entraîné des pertes de 1,6 milliard de dollars en 5 ans – mais être trop dépendant de la technologie amène aussi de nouveaux risques

Paris, 13 juin 2017 : Les pertes de navires de grande taille ont diminué de 50% ces 10 dernières années, grâce à un renforcement de la sécurité de la part des armateurs. C’est ce que conclut le 5ème rapport annuel sur la sécurité maritime (Safety and Shipping Review 2017) publié par Allianz Global Corporate & Specialty SE (AGCS).

85 pertes totales ont été enregistrées en 2016 dans le monde du transport maritime, une baisse de 16% par rapport à l’année précédente (101). Il s’agit donc d’une année record en matière de sécurité, le nombre de pertes étant (d’après des chiffres provisoires) à son plus bas niveau depuis 10 ans. Selon le rapport, qui analyse les sinistres de navires de plus de 100 tonnes, 2611 incidents maritimes (sinistres) ont également été déclarés, soit une légère baisse (-4 %) sur un an.

« Si, sur le long terme, le nombre de pertes totales continue de baisser, il faut se garder de tout excès d’optimisme », précise Baptiste Ossena, directeur monde des produits d’assurance maritime chez AGCS. « Le secteur du transport maritime est soumis à un certain nombre de risques interconnectés en pleine période de défi économique structurelle ».

Les questions environnementales suscitent une surveillance accrue, et la pollution fait l’objet d’amendes record. Les nouvelles règles de gestion des eaux de ballast qui entrent en vigueur en 2017 sont les bienvenues, mais les coûts de mise en conformité pourraient avoir un impact considérable sur des armateurs déjà sous pression. Le risque politique s’accroît, la situation dans des points névralgiques comme le Yémen et la mer de Chine méridionale pouvant affecter les itinéraires des navires. La menace de cyberattaques en mer est également importante. « La conjonction de nouvelles réglementations, de marges toujours plus faibles et de nouveaux risques pèse comme une épée de Damoclès sur le secteur », prévient Baptiste Ossena.

Plus d’un quart du total des pertes de navires survenues en 2016 (23) s’est produit en Chine méridionale, Indochine, Indonésie et Philippines, la principale zone de pertes ces 10 dernières années. Ce chiffre est stable mais reste presque deux fois plus élevé que dans la 2ème principale zone de pertes, celle de la Méditerranée orientale et de la mer Noire (12). Les sinistres ont augmenté dans les zones suivantes : Japon, Corée et Chine septentrionale ; côte de l’Afrique occidentale ; Atlantique sud et côte Est de l’Amérique du Sud ; Arctique canadien et Alaska.

Les cargos (30) ont représenté plus d’un tiers du total des pertes. Les pertes de ferry de passagers ont légèrement augmenté (8), essentiellement à cause de l’Asie du Sud-Est et de la Méditerranée. Les normes restent un problème dans certaines parties de l’Asie, ainsi que des conditions météo défavorables, un entretien inadéquat, une mauvaise application de la réglementation et une surcharge des passagers à bord.

Souvent dus à une météo défavorable, les naufrages constituent la principale cause de perte (plus de la moitié des pertes). Les dommages aux équipements ont, pour leur part, causé plus d’un tiers des sinistres maritimes en 2016. Ils ont également été responsables d’une hausse de 16% des incidents dans la zone de la Méditerranée orientale et de la mer Noire (563), ce qui fait de celle-ci la zone ayant connu le plus d’incidents sur les 10 dernières années, devant les îles Britanniques. Les cas de piraterie dans le monde et les sinistres maritimes dans les eaux du cercle arctique ont diminué par rapport à l’année dernière. Cependant, des facteurs de risques subsistent, tels que la multiplication des enlèvements de membres d’équipage dans certaines parties de l’Asie et de l’Afrique de l’Ouest et les conséquences de l’augmentation attendue du trafic dans les eaux polaires.

L’après-Hanjin : un secteur toujours sous le coup des pressions économiques

La faillite l’an dernier d’Hanjin Shipping, une des plus importantes compagnies maritimes au monde, a révélé la fragilité de certains secteurs du transport maritime. Les faillites se multiplient et les armateurs, lorsque les niveaux d’endettement sont élevés et les bénéfices faibles, cherchent souvent à faire des économies sur l’entretien, la formation et la taille des équipages, ce qui peut favoriser les sinistres.

« Les négligences de l’équipage et l’entretien inadéquat des navires sont deux facteurs potentiels de risque croissants, en particulier si les armateurs choisissent de recruter des membres d’équipage moins expérimentés et moins qualifiés, ou d’espacer le plus possible les travaux d’entretien pour faire des économies », explique Duncan Southcott, directeur monde des indemnisations maritimes chez AGCS. D’après AGCS, la négligence/entretien inadéquat figure déjà parmi les principales causes de sinistre responsabilité civile du secteur, et on observe une augmentation des déclarations de sinistres liées à l’entretien. Il est donc essentiel de suivre des processus rigoureux d’inspection et de maintenance.

Des avancées technologiques qui participent de l’amélioration de la sécurité, mais au risque d’en devenir trop dépendant

Le transport maritime bénéficie déjà des technologies permettant de renforcer la sécurité, qu’il s’agisse d’outils électroniques de navigation ou de la surveillance à terre des équipements et même du bien-être de l’équipage. La technologie peut permettre de réduire de manière significative autant l’incidence des bris de machine que les conséquences des erreurs humaines – qui, dans l’étude d’AGCS, représentent environ 75% de la valeur de près de 15000 demandes d’indemnisation en matière de responsabilité civile analysées sur cinq ans, soit plus de 1,6 milliard de dollars.

La télématique est ainsi déjà utilisée avec succès dans le secteur automobile pour améliorer le comportement des conducteurs. Le secteur du transport maritime pourrait aussi en tirer parti. Les assureurs comme AGCS commencent à collaborer avec les armateurs pour mettre à profit l’analyse des enregistreurs de données de voyage (VDR) pour améliorer la sécurité.

« Les enquêtes sur les accidents exploitent déjà les informations des VDR, mais l’analyse des activités quotidiennes pourraient apporter d’importantes leçons en matière de sécurité, tout comme celle du comportement de l’équipage et de la prise de décision en cas de quasi-incident », explique le capitaine Rahul Khanna, directeur du conseil en risques maritimes chez Allianz Risk Consulting (AGCS).

Cependant, la dépendance excessive à l’égard de la technologie est problématique et continue à entraîner des incidents, en particulier s’agissant de navigation. « Les équipages et les officiers doivent avoir conscience des lacunes et des limites de la technologie », prévient Rahul Khanna. « Parfois, mieux vaut ne pas troquer une décision de bon sens pour des conclusions basées sur la technologie ».

La technologie peut également servir à améliorer le bien-être de l’équipage. Ainsi, les problèmes de santé peuvent souvent être difficiles à résoudre lorsqu’ils se produisent en mer. En réponse, AGCS, en collaboration avec Allianz Worldwide Care et Allianz Global Assistance, propose maintenant aux équipages l’accès 24h/24 7j/7 à une assistance médicale au travers d’une application dédiée et d’équipements embarqués. « De tels services d’assistance innovants de « télémédecine » peuvent aider les navires à prendre des décisions plus éclairées au sujet de la santé d’un membre de l’équipage, ce qui peut permettre d’éviter des détours coûteux », explique Baptiste Ossena.

La menace de cyberattaques continue d’être importante. À ce jour, la plupart des attaques ont visé à pénétrer les sécurités des entreprises, et non à prendre le contrôle de navires. « Le secteur du transport maritime n’a pas vraiment conscience du risque cyber. Étant donné qu’aucun incident majeur dû à une cyberattaque n’a encore eu lieu, nombreux sont ceux dans le secteur à ne pas prendre cette menace au sérieux », explique Rahul Khanna. On estime que jusqu’à 80% des failles de sécurité en mer pourraient être le résultat d’une erreur humaine. « La sécurité informatique ne doit pas passer au second plan. Si des pirates informatiques parvenaient à prendre le contrôle d’un grand porte-conteneurs sur un itinéraire stratégique, ils pourraient bloquer le trafic pendant une longue période, causant ainsi d’importants dommages économiques ».

Le rapport aborde aussi d’autres facteurs de risque tels que :

  • La structure des navires – elle reste un problème au vu des différents incidents et pertes ces dernières années résultants de brèches, notamment s’agissant de navires ayant été convertis ;
  • les incendies en mer – étant donné le nombre d’incendies récents à bord de porte-conteneurs, on peut se demander si les systèmes de sécurité ont réussi à suivre l’accroissement de la taille des navires, et le mauvais étiquetage des marchandises peut exacerber le problème ;
  • une perte potentielle de 4 milliards de dollars – ce scénario n’est peut-être plus à exclure avec des navires plus grands, le coût croissant de l’enlèvement des épaves, une plus grande attention pour l’environnement, et le renforcement des réglementations et des responsabilités qui y sont liées ;
  • la navigation autonome, qui pourrait entrer en service dans un avenir proche sur des itinéraires régionaux fixes –  vu les risques de collision et les problèmes de réglementation et de responsabilité juridique, les questions de sécurité seront cruciales pour son développement.

 

Contact presse

Florence Claret: florence.claret@allianz.com

À propos d'Allianz Global Corporate & Specialty

Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) est une marque d’Allianz SE spécialisée dans l’assurance des grands risques industriels et spécialités. AGCS fournit assurances et aide à la gestion des risques pour l’ensemble des branches: maritime, aviation (y compris spatial), énergie, divertissement, lignes financières (dont responsabilité civile des dirigeants), risques techniques, responsabilité civile et assurance des biens (y compris les Programmes d'Assurance Internationaux).

A l’échelle mondiale, AGCS est présente dans 30 pays et s’appuie sur un réseau de plus de 160 pays au travers du réseau Allianz et de ses partenaires. Elle emploie plus de 5000 personnes et fournit des solutions d’assurance à plus de la moitié des sociétés du classement Fortune Global 500, totalisant près de 7,6 milliards d'euros de primes brutes annuelles dans le monde (2016). AGCS a obtenu la note de AA par Standard & Poor’s et celle de A+ par A.M.Best. Pour plus d'informations, merci de vous rendre sur www.agcs.allianz.com ou de nous suivre sur Twitter@AGCS_Insurance ou LinkedIn et Google+.

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